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La place de tapas dans le yoga des 8 membres

 

 

Une réflexion sur tapas dans le « yoga des huit membres »

par Olivier Castor, professeur et yogathérapeute

 

Dans l’article précédent (voir infolettre n°5, janvier 2022), était soulignée l’importance de prendre soin de son feu et évoqué le fait que dans le second chapitre des yoga sūtra, Patañjali parlait à plusieurs reprises de l’ascèse ou discipline tapas, qu’il utilise pour exprimer la pratique ardente ayant comme objectif de produire de la chaleur dans le but de purifier.

La notion de tapas est évoquée dès le premier aphorisme du second chapitre dans le contexte du yoga de l’action. Plus loin, elle est de nouveau évoquée comme l’un des principes de discipline individuelle(niyama) dans le contexte du yoga des huit membres (aṣṭaṅga yoga). Ici, Patañjali propose des outils concrets et précis pour aller vers l’état de yoga qui est destiné à diriger le mental et le garder orienté dans une direction choisie.

À l’aphorisme II-28, Patañjali annonce sa méthode en indiquant qu’au fur et à mesure que l’on met en place le yoga des huit membres (yogāṅgānuṣṭhānāt), se produisent :

  1. Une réduction des facteurs de souffrance (aśuddhikṣaye)
  2. L’obtention d’informations éclairantes (jñānadīptih)
  3. Un développement croissant de la clarté (viveka khyāteḥ)

Le second membre relatif aux principes de discipline individuelle (niyama) est composé de cinq éléments, dont tapas que l’on retrouve à l’aphorisme II-43.

Dans cet aphorisme, Patañjali indique que tapas consiste à s’occuper de sa santé corporelle (physique, psychique et émotionnelle) par le désencrassement (aśuddhikṣayāt). Ainsi, notre corps (kāya) et nos sens (indriya) vont nous permettre de faire au mieux ce que nous avons à faire dans la vie (siddhiḥ).

Dans notre quotidien, nous réalisons naturellement des actions sur des biens matériels qui consistent à les désencrasser pour optimiser leurs usages, comme remplacer le sac rempli de poussières de l’aspirateur ou nettoyer le filtre à sable colmaté de sa piscine. Mais prenons-nous le temps de nous désencrasser pour optimiser notre corps et nos sens ?

À notre époque, la domotique prend de plus en plus de place dans nos foyers. Elle permet de réguler la température et le traitement d’air par rapport aux températures extérieures et ainsi d’optimiser l’usage des différents équipements installés, pour accroître le confort et réduire les consommations énergétiques. De plus, par temps froid cette efficience permet d’éviter la condensation sur les vitres et nous pouvons ainsi admirer le paysage extérieur depuis un environnement douillet.

À l’époque de Patañjali, la domotique n’existait pas encore mais la fonction de tapas dans le yoga des huit membres peut être comparée à ce régulateur qui permet d’ajuster les autres membres, notamment en jouant sur la posture (āsana) et le contrôle du souffle (prāṇāyāma) afin de préparer le corps et le mental pour se rallier aux organes des sens (pratyāhāra) et aller vers les états de concentration (dhāraṇā, dhyāna et samādhi).

Pour conclure, il est important de préciser que le mot ānuṣhānāt indiqué à l’aphorisme II-28 caractérise le yoga des huit membres qui consiste à avancer et maintenir avec fermeté notre engagement et que nous ne pouvons pas abandonner un des membres lors de l’évolution.

La notion de tapas dans le contexte du yoga de l’action est abordée différemment et sera évoquée dans un prochain article.