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Le Yoga au fil des saisons et des Yoga-Sûtra-s

Le Yoga au fil des saisons et des Yoga Sūtra-s… par Martine Fritte

Cette thématique du Yoga au fil des saisons peut initier une réflexion sur notre relation avec notre environnement et rejoindre ainsi un des premiers anga dans le Yoga aux 8 anga (« membres ») : yama, YS II.30, notre relation au monde extérieur.

Nous nous distinguons sans cesse de ce qui est autour de nous comme une entité à part entière, ce qui provient de notre identification à notre corps, notre mental, notre Moi. Or, selon notamment le Vedānta, nous ne sommes pas un être isolé, nous faisons partie d’un tout, un grand TOUT qui dépasse notre individualité. En cela, nous ne sommes pas des êtres séparés mais complètement unis et interactifs avec le reste de la manifestation (végétale, minérale, animale …). Voir les sūtra-s I.3, II.17 et II.23, qui rappellent notre double « nature », conscience et matière, que nous avons en partage avec le vivant.

Cet état d’esprit nous amène à considérer « l’autre » comme un être de même nature que nous-même et à devenir certainement plus indulgent envers « autrui ». Lorsqu’on joint les mains et qu’on échange un Namaste en Inde (añjali mudra) ce n’est pas seulement pour dire bonjour, c’est un signe de respect qui honore la personne qui est en face en tant qu’incarnation du Divin !

Ce respect envers notre environnement (et les bienfaits de cette attitude de non nuisance YS II.35) peut se manifester de différentes façons très simples dans notre quotidien. Le texte de Patañjali nous donne toutes les indications pour vivre en osmose avec notre milieu. Pour cela il faut être dans l’action (II.1 le yoga se concrétise en actes) , une action réfléchie, pesée pour éviter les erreurs et nuire à notre entourage. Nous pourrons donc utiliser tous les moyens modernes d’informations fiables, les sources traditionnelles, le bons sens des anciens (āgama, YS I.7, le témoignage digne de foi), des conseils avisés pour nous lancer dans l’action.

Prenons un exemple simple pour entreprendre une action avant la saison d’hiver. Beaucoup d’entre nous cherchent un moyen pour attirer les oiseaux, charmantes petites bêtes qui exercent une véritable fascination par la beauté de leurs plumes, leur chant. Certes, c’est une motivation finalement comme une autre et pour arriver à nos fins il faudra satisfaire leur appétit !

Pourtant avons-nous pris soin de regarder si la nature a besoin de notre intervention ? Les températures sont-elles négatives ? Le sol est-il gelé ? La nourriture est-elle inaccessible pendant quelques jours ? En voulant secourir ces volatiles, nous sommes-nous bien renseignés sur leurs habitudes, leurs besoins réels ?  

Mettre des miettes de pain, de biscottes, des aliments salés, de la pâté pour chien ou chat ou du lait peuvent leur être fatal (voir le YS I.8 qui nous incite à nous méfier d’une interprétation inexacte de la réalité source d’erreurs). Avons-nous regardé la composition des boules de graisse vendues dans le commerce, sont-elles dignes de confiance ? Souvent elles contiennent des résidus de graisse de l’industrie agro-alimentaire ou de l’huile de palme.

Pourrions-nous prendre le temps, dans un esprit de transmission, en famille, de concocter un pain de graisse maison avec graines de tournesol, maïs concassé, noix, noisettes, cacahuètes (ni grillées, ni salées), de la  margarine ou végétaline par exemple ?

Avons-nous pensé à abriter cette nourriture pour éviter d’éventuelles moisissures ? à la placer assez haut pour décourager les prédateurs ? à mettre de l’eau régulièrement pour qu’ils puissent s’abreuver et aussi nettoyer leurs plumes, un plumage mal entretenu n’est plus étanche ! (YS II.16, évitons-leur des souffrances à venir dues à nos mauvaises appréciations de ce qui est bon pour eux).

À l’approche du printemps, progressivement, il conviendra de diminuer puis d’arrêter la mise à disposition de la nourriture (voir le YS III.6 qui nous incite à faire les choses de manière progressive et intelligente). Nos amis les oiseaux ne doivent-ils pas conserver leur autonomie, être libres de voler de leurs propres ailes vers d’autres horizons ?

De saisons en saisons,

Agissons avec discernement !